La Vape « libre » ! Vraiment ?!

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La vape est aujourd’hui classé comme un bien de consommation taxé à 20%, n’importe quel professionnel souhaitant en vendre pourrait se procurer donc ces produits afin d’en proposer à ses clients. Enfin, ça c’est la théorie. En pratique ?

Alors quand en est-il en réalité ? J’ai commencé à travailler la vape sérieusement à partir de mon 5e mois d’activité en tant que buraliste. Très vite, je me suis intéressé aux grandes marques du secteur. Quelle ne fut pas ma surprise de trouver porte close à nombre d’entre elles parce qu’elles ne souhaitent pas « travailler avec des buralistes ». Ca a été la seule raison invoquée au départ.

Mes débuts dans la vape

Je me suis, par la suite, tourné vers les grossistes du marché (ils sont pléthores). J’ai pu alors démarrer avec des marques connues et reconnues du secteur pour construire ma gamme de base tournée vers les primos vapoteurs : Alfaliquid, Pulp, Liquideo, VDLV, le French Liquide, etc… Mon développement se passait bien avant qu’une chasse aux sorcières ait lieu. On aurait pu se croire à l’époque de Salem. Sunny Smoker qui demande expressément aux grossistes de couper le robinet aux buralistes sur sa marque Pulp, dans un deuxième temps, les buralistes ayant un compte ouvert chez eux avec l’accès aux Pulp se voient fermer la porte du jour au lendemain alors que ces buralistes travaillent avec la marque depuis des années.

Ah, mais ne croyez pas que Sunny Smoker soit le seul à avoir agi de la sorte, VDLV fait la même chose dans la foulée. Fermetures de comptes des buralistes qui passaient en direct depuis des années, disparitions de leurs marques des catalogues grossistes si on y accède depuis un compte buraliste.

A côté de ça, on peut se demander la légitimité de l’action. Si le refus de vente à un particulier est interdite sauf conditions particulières, les mêmes conditions ne s’appliquent pas de la même manières entre professionnels. Le refus de vente est autorisé depuis la loi sauf si ce dernier :
– est discriminatoire (il l’est en tout cas envers tout une profession)
– fausse la concurrence. Alors là, on est en plein dedans, refuser de vendre certains produits à une toute profession pour en favoriser une autre avec possiblement des ententes sur les prix, si ça n’est pas fausser la concurrence, qu’est-ce que c’est ?

En admettant que je ne sois pas professionnel, ni motivé dans mon approche de la vape, j’aurai pu comprendre certains refus, mais ça n’est absolument pas le cas. Je réalise 2 à 3 tests par semaines de matériel et/ou de liquides (le dernier en date ne s’agit ni plus, ni moins que du Riftcore Duo de Joyetech le RTA sans résistance (disponible sur ma page Facebook), un des tous premiers, si ce n’est, le premier test français de l’appareil), j’ai une approche extrêmement professionnelle du métier et pourtant, ça ne semble pas suffire à certains.

La réalité : un marché qui ferme ses portes

Aujourd’hui encore, lorsque je me rends sur un des sites de mes fournisseurs grossistes, une partie du catalogue est encore tronquée. Si je demande à mon fleuriste de faire la même manœuvre, il a accès à l’ensemble du catalogue, incroyable, non ? Poussons le ridicule même plus loin, je demande à mon fleuriste de me faire une commande, devinez quoi ? Eh bien, ça passe ! Bien sûr, je la rachète derrière. C’est un fleuriste qui ne veut pas vendre de la vape. On en vient à marcher sur la tête.

Comme beaucoup d’entre vous, il m’arrive de lire des blogs de vape, ces derniers ont toujours eu une position dure par rapport à ma profession en nous accusant de toujours nous retrancher derrière notre réflexe monopolistique. Il est étrange que lorsque j’ai voulu entrer sérieusement dans le milieu de la vape, j’ai été confronté aux mêmes tendances monopolistiques : protectionnisme du marché en place, possibles ententes pour avoir une concurrence déloyale et biaisée sur le marché en défaveur du client. Derrière le discours politiquement correct que peuvent avoir certains acteurs historiques du marché de vouloir faire sortir du tabagisme un maximum de fumeurs, je remarque que cet idéal est soumis à leurs conditions : sortir du tabagisme, oui, mais seulement en passant à la caisse dans leurs magasins.

Je ne comprends pas comment on peut parler de vape libre et prôner un tel modèle économique biaisé qui favorise les mauvais acteurs de ce marché, à savoir les vendeurs, et non les consommateurs finaux, les potentiels ex-fumeurs ! Alors, oui, on m’oppose souvent l’argument moral de vendre des cigarettes et de la vape. Par rapport à cette question, j’y ai consacré tout un article : le voici.

Surtout, il faudrait qu’on m’explique en quoi proposer de la vape chez un véritable professionnel, buralistes ou non, va freiner son adoption ? Plutôt que de maintenir le clivage néfaste et toxique réseau buralistes / magasins spécialisés, ne vaudrait-il pas mieux réfléchir à une distinction entre véritables professionnels et amateurs ? Le public ne serait-il pas mieux servi si les points de vente sérieux se multipliaient ? Qu’on se le dise, il y a des mauvais commerçants partout, buralistes ou non et c’est bien ceux-là qui freinent la progression de la vape.

Par bien des égards, je ressemble plus à un shop spécialisé sur ma partie vape qu’à une civette traditionnelle. Conseil personnalisé, large choix, recommandations de sécurité, précautions d’emploi, informations sur les différences fondamentales entre fumer et vaper (notamment sur le mode de diffusion dans le sang), explications sur les différentes options qui existent comme le sel de nicotine, etc…

A ce titre, je me définis comme un professionnel de la vape avec les spécificités qui sont propres à mon point de vente. J’estime qu’il serait juste et normal de pouvoir accéder aux mêmes conditions de marché que ma concurrence. De plus, pourquoi avoir peur de la concurrence ? Je la souhaite, elle nous permet de tirer le meilleur de chacun en proposant une qualité de service revue à la hausse avec un choix encore plus large pour apporter davantage de grande plus-value au client final. Parce que c’est lui qui importe le plus, non ? Une vape libre pour le bénéfice du consommateur; le potentiel ex-fumeur.

Ma carotte est devenue mon outil de prévention tabagique numéro un. Apparemment, je ne suis pas le seul à le penser, il n’y a qu’à voir le nombre de boutiques de vape qui poussent juste à côté des bureaux de tabac à Paris.

 

Photo du mon Riftcore Duo.
Riftcore Duo Zed Le Buraliste

 

Zed Le buraliste

Zed Le Buraliste est le gérant de la boutique Vape du Palais qui vend aussi du tabac situé au 5 boulevard du Palais. Il vous accueille du lundi au vendredi de 7h30 à 20h et les week-ends et jours fériés de 10h à 20h 364 jours an (fermeture le jour de Noël).

Vous pouvez également suivre Zed sur sa page Facebook

 

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