10 Vérités sur la vape pour casser ses faux mythes

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verite vs mensonge
Qui n’a jamais eu à faire face à de fausses vérités sur la vape ? En tant que professionnel, il ne se passe pas un jour sans qu’on me demande si « la vape n’est pas aussi dangereuse voire pire que la cigarette ? »

Il n’est pas rare de voir une étude qui porte à polémique être reprise en chaîne dans les médias : TV, réseaux sociaux, sites internet, etc… Bien trop souvent, on ne regarde pas le fond de ces études. C’est inversement vrai pour les études de fond qui restent… au fond du placard seulement reprises par une partie de la presse spécialisée mais n’arrivant presque jamais auprès du grand public.

La plupart du temps, après la reprise massive d’une étude incomplète (protocole, méthodologie, échantillons testés restreints, etc…), on est confronté à ce genre d’interrogations. « Mais tu vapes aussi, tu n’as pas peur ? » Il appartient à nous, professionnels de la filière et vapoteurs de changer les mentalités et d’informer le public parce que personne d’autre ne le fera pour la collectivité.

Pour n’importe quel vapoteur, n’est-il pas fatiguant d’entendre systématiquement « oui, mais on ne connaît pas les effets à long terme », surtout quand cette phrase est le porte étendard pour ignorer tout ce que l’on sait déjà de la vape. Instiller le doute pour favoriser le tabac ? Le bénéfice du doute ne devrait jamais être étendu à l’industrie du tabac, JAMAIS.

Sans plus attendre, voici le top 10 des vérités à rétablir. Je reprends en grande partie l’article en Anglais de Vaping 360 en l’étayant d’études supplémentaires (je double à peu près le nombre de sources afin de croiser les informations). Toutes les sources sont à nouveau données en fin d’article.

 

Vérité #1 : La vape passive ne serait pas dangereuse

secondhand vapor

L’étude la plus célèbre à citer est celle du toxicologue de l’université de Drexel, Igor Burstyn. Lancée par le financement participatif via la CASAA (Consumer Advocates for Smoke Free Alternatives Association, Association de Consommateurs pour des alternatives sans fumée). Elle est par conséquente indépendante. Le Dr Burstyn s’est appuyé sur plus de 9000 observations dont une bonne partie basée des revues ont été réalisées par des pairs (scientifiques) pour constater l’effet de la vape passive.

Au bout de ses recherches, le Dr Burstyn conclut qu’il n’y a aucun élément probant pour qualifier la vape passive de dangereuse, et donc de ne pas permettre la vape dans les lieux fermés tels que les bureaux, du moins sur le plan sanitaire. A titre, personnel, je demande bien sûr autour de moins si cela gêne ou non par courtoisie.

Le Collège Royal de médecine de Londres (Royal College of Physicians of London (RCP)), une des organisations de médecins professionnels les plus actifs dans le monde, abonde dans ce sens dans leur étude « Nicotine Without Smoke : Tobacco Harm Reduction (Nicotine sans fumée : réduction du risque tabagique) ». Pour le RCP, le plus grand risque est l’exposition passive éventuelle à la nicotine. Au bout de ses recherches, le RCP pense que la quantité de nicotine qui peut pénétrer de manière passive chez les non vapoteurs est trop faible pour causer un effet sur le santé.
De même la Santé Publique Anglaise (Public Health of England) a, aussi, de son côté investigué le sujet. Ses résultats ? La quantité de nicotine passive due à la vape est 169 moins élevée que celle de la cigarette. De ce fait, les quantités seraient trop faibles pour atteindre un seuil de danger.

Vérité #2 : Vaper permet d’accroître sa capacité pulmonaire pour les fumeurs

Lung-With-Vaping

Jusque récemment, nous manquions encore d’études sur le long termes pour établir l’effet de la vape sur la fonction pulmonaire, surtout en rapport avec celle de la cigarette. Si on cherche sur Internet, on peut tout lire parce qu’il a été opportun (dans le sens opportuniste) de sortir rapidement des études sur ce sujet hautement suivi par les médias, les autorités et le public pour avoir une exposition médiatique. Etudes mal menées ou encore sujettes à controverses, tout est bon pour faire parler.

Le Dr Polosa a suivi pendant 2 ans 18 asthmatiques sur différents paramètres de santé dont la fonction respiratoire. Sur les 18 personnes engagées dans l’étude, 1 est retombée dans le tabagisme et 1 autre continue à être un fumeur vapoteur. Les 16 personnes restantes ont switché complètement de la cigarette vers la vape.

Après 2 ans de suivi, le Dr Polosa conclut que les néo vapoteurs ont vu leur condition s’améliorer (cela pourrait donc continuer dans le même sens sur le très long terme), à la fois de manière objective à travers différentes mesures médicales, mais aussi au niveau de la perception subjective de chacun. Il invite à ce qu’une étude de plus grande envergure sur un plus large panel soit réalisée dans un avenir proche.
Par ailleurs, les 2 personnes qui se sont remises à fumer régulièrement ont vu leur résultat bien en-deçà des 16 autres.

Dans la même lignée, le Dr Polosa a réalisé une autre étude sur 3.5 années en comparant deux groupes : un groupe de 9 vapoteurs qui n’a jamais fumé pour ne pas fausser les résultats avec d’éventuelles séquelles liées à la cigarette et un groupe témoin de 12 personnes qui n’a jamais fumé ni vapé.

Pendant tout le suivi, on suit scrupuleusement l’évolution, notamment, des poumons : en plus des mesures de base (rythme cardiaque, poids, pression artérielle), des tests plus poussés ont été réalisé régulièrement tels que des spirométries (test standard pour évaluer la bonne santé des poumons) ou des tomodensitométries thoraciques haute résolution pour avoir une image plus complète des poumons.

Les résultats sont sans appel, d’après le Dr Polosa, aucun signe de « dommages au niveau des poumons », mieux encore, les résultats sur d’autres paramètres de santé comme la pression artérielle semblent être significativement identiques chez les 2 groupes, pas d’effet négatif de la vape dessus durant la période de l’étude.

Quelques années auparavant, le Dr Konstantinos E. Farsalinos a publié son étude portant sur plus de 19 000 néo-vapoteurs, tous anciens fumeurs souffrant de Bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO). Au fil des recherches, il trouve que la très grande majorité, soit 76% des néo-vapoteurs, a vu une amélioration significative et nette de leurs fonction respiratoire, endurance, sensations olfactives et gustatives après avoir arrêté complètement de fumer tout en continuant de vaper.

Vérité #3 La Nicotine seule n’est pas un élément addictif ultra puissant

Addiction Zed

Le Docteur français Etter a mené une étude aux côtés du Pr Eissenberg sur le niveau de dépendance des utilisateurs de vapoteuses, de gums à nicotine et de cigarettes.

« Certains utilisateurs sont dépendants de la vape utilisant des liquides nicotinés, mais ces produits sont moins addictifs que le tabac des cigarettes. […] La e cig est peut-être autant voire moins addictive que les gums qui ne sont eux-même pas très addictives ».

Pour plus d’informations sur la nicotine, je vous invite à aller lire mon article dédié à la nicotine où il est bon de rétablir, là aussi, certaines vérités.

 

Vérité #4 La vapoteuse ne produit pas une grande quantité de Formaldéhyde, bien au contraire
Méthanal Zed

Le formaldéhyde est un composé organique de la famille des aldéhydes. Il est classé comme cancérogène pour l’humain depuis 2011 par l’OMS. En petites quantités (produites aussi naturellement au quotidien), il est dégradé rapidement chez le mammifère. On considère que ce serait ses métabolites (hydroxyméthylglutathion, S-formylglutathion puis formate) qui seraient toxiques à terme.

Tout cette controverse est née dans les années 2014 et 2015 où deux études sortent tour à tour. La première étude est d’origine japonaise où Naoki Kunugita, le chercheur en chef, conclut dans ses recherches qu’une seule des marques testées dégage 10x plus de formaldéhyde qu’une cigarette classique. Au lieu de prendre cette phrase dans son contexte, ce qui aurait conduit, à classer ce résultat en particulier, sur une seule vapoteuse parmi les nombreuses du panel, en résultat aberrant, le web s’est emparé des propos de Naoki Kunugita et en a conclu « la e-cig est plus dangereuse que la cigarette et conduit à former 10x plus de formaldéhyde ». Sur le reste du panel, cette même étude trouve que les autres marques de vapoteuses produisent entre 13 et 807 (!) fois moins de formaldéhyde qu’une cigarette classique.

En 2015, des chercheurs de Portland State University (Université de l’Etat de Portland, PSU) ont réalisé un test avec des machines à vaper. Cette étude a été reprise par le New England Journal dans l’article « formaldehyde letter« . Les chercheurs de PSU ont utilisé des résistances plutôt vieilles, des CE4 et les ont utilisées au-dessus du wattage recommandé, conduisant alors à brûler la résistance.

En 2017, le Dr. Konstantinos Farsalinos revient sur cette étude en la reproduisant. Il en conclut qu’aucun humain ne se soumettrait continuellement à ce traitement de choc, puisqu’il s’agit ni plus, ni moins que d’inhaler continuellement des dry hits. Tous les vapoteurs ont déjà fait l’expérience de vaper sur une résistance grillée, et on peut tous s’accorder à dire que c’est quelque chose qu’on ne veut pas répéter tellement c’est désagréable.

L’étude de PSU a voulu faire l’expérience avec des machines pour ne pas faire rentrer en ligne de compte ce que l’humain aurait déjà ingéré avant ou son passif qui pourrait créer un biais dans les mesures. Seulement à trop vouloir retirer le facteur humain de ces expériences, on en vient à en oublier que ces recherches sont avant tout réalisées avec l’humain au centre des intérêts.

 

Vérité #5 Les goûts sucrés et gourmands ne visent pas les moins de 18 ans

Donuts

Très récemment, le Dr. Konstantinos Farsalinos a réalisé un large sondage aux Etats-Unis qui réunit 69 233 réponses, une très large majorité préfère les goûts fruités, gourmands ou crémeux (desserts).

Tableau Zed

Cela confirme les travaux du Dr Russel réalisés 2 ans auparavant, en 2016, qui sont très similaires.

Dr Russel flavors Zed

Dans mon expérience personnelle, pour avoir permis le passage à la vape de quelques centaines de personnes. Il est vrai qu’une bonne partie des néo vapoteurs commencent par le goût tabac, mais très vite, une bonne partie d’entre eux se dirigent vers des goûts fruités (moins de gourmands chez moi). Les suivre et leur proposer une nouvelle saveur quand ils reviennent me permet d’aiguiser leur curiosité et de trouver des parfums coup de cœur afin d’augmenter leurs chances de rester dans la vape. Plus l’expérience est plaisante et personnalisée et plus le vapoteur va rester dans la vape tout en diminuant ses chances de fumer à nouveau.

 

Vérité #6 La vape diminue de manière substantielle les substances toxiques par rapport à la cigarette

vape réduction des risques zed

Bon, là, je ne vais pas vous cacher que ce sont pas les études qui manquent pour classer la vape en tant que produit à (très) forte réduction des risques. Le gouvernement britannique, non pas des moindres, déclare ouvertement une réduction des risques de 95% par rapport à la cigarette.

Une étude récente dirigée par l’oncologue Maciej L. Goniewicz travaillant au Roswell Park Cancer Institute analyse des échantillons d’urines chez des personnes qui se mettent à la vape. Dès la première semaine, il constate des baisses drastiques d’un grand nombre de biomarqueurs cancérigènes et de toxines. Au bout de 2 semaines (la durée de l’étude), la baisse des toxines continue.

 

Vérité #7 Vapoter facilite l’arrêt du tabac

 

vape aide à l'arrêt du tabac Zed

Déjà en 2016, en France, l’Agence Santé Publique France publie dans le Bulletin Épidémiologique Hebdomadaire une note remarquant une accélération de l’arrêt du tabac grâce à la vape. Mediapart reprenait déjà les principales conclusions du rapport de l’institut français, malheureusement, trop peu suivi par nos autorités officielles.

En mai dernier, notre ministre de la santé, Agnès Buzyn se félicitait d’une baisse historique du nombre de fumeurs, un million en moins (!). On pourrait bien sûr parler du paquet neutre, de la hausse du prix de mars (trop tardive pour être prise en compte dans cette baisse). Cependant, suite à un sondage de Odoxa-Dentsu Consulting réalisé pour le Figaro et France Info, il en ressort que « le vapotage est un facteur bien plus important que toutes les autres mesures que les politiques de santé publique contre le tabac ont pu entreprendre (la vape n’a pas du tout été cité par notre ministre de la santé). Plus des deux tiers des participants estiment que la vape a joué un rôle majeur dans leur sevrage tabagique.

Par ailleurs, ce n’est pas un hasard si le marché est en pleine croissance avec des ouvertures de magasins qui se multiplient, parallèlement, je vois aussi de plus en plus de confrères et consœurs buralistes qui s’investissent réellement sur le créneau. Preuve qu’il y a une réelle demande mais aussi que les professionnels du secteur sont prêts à relever ce défi.

A l’échelle internationale, les chercheurs de l’université de San Diego ont trouvé dans leurs conclusions que les vapoteurs essayent plus souvent d’arrêter et y parviennent avec une plus grande efficacité que les non vapoteurs.

Vérité #8 la Vape n’est pas une passerelle vers la cigarette

vape passerelle zed

La vape s’est retrouvé faussement accusée plusieurs fois d’être une passerelle vers la cigarette notamment via les arômes plus plaisant que le goût du tabac ou de la menthe qui viseraient les jeunes (mais à ce stade de l’article, vous savez déjà que c’est faux).

En 2014, l’Inpes (Institut national de prévention et de l’éducation pour la santé) a publié une étude, reprise à l’époque par Marisol Touraine (pas du tout pour les mêmes raisons) montrant que 98% des vapoteurs sont des ex ou actuels fumeurs.

Selon l’Eurobaromètre (étude commandée par l’UE) de 2016 que le Pr Le Houezec reprend, il n’y pas d’effet passerelle. En effet, seulement 1.3% des vapoteurs actuels ne sont pas d’anciens (ou actuels) fumeurs, et 0.09%, c’est la part que représente les vapoteurs quotidiens qui ne sont pas d’anciens fumeurs.

Toutes les études allant dans le sens contraires, montrant cette fameuse passerelle, sont minées de défauts dans leur conception ou leur méthodologie. Sur son blog, Clive Bates, démonte pas mal de mythes sur ce sujet. Je vous invite tous à lire son article (un peu long et en Anglais, mais ça vaut vraiment le coup).

Deux chercheurs reconnus pour leur implication dans lutte contre le tabac, Lynn Kozlowski and Kenneth Warner n’ont trouvé aucun effet passerelle vers le tabac et en particulier chez les jeunes, de ce fait, il serait logique et même souhaitable d’intégrer la vape dans l’arsenal des mesures anti-tabac des autorités publiques (à ce jour, seul le Royaume-Uni soutient ouvertement la vape comme véritable outil de réduction des risques).

 

Vérité #9 Vaper n’est pas aussi mauvais que fumer

vaper n'est pas fumer zed

Je ne reviens pas sur la diminution de risques de 95% prônée par le gouvernement anglais citée plus haut déjà.

Plus proche de chez nous, le Pr Dautzenberg affirme en 2017 (après avoir mené des recherches en 2013 pour le compte de notre ancienne ministre de la santé, Marisol Touraine) dans l’émission C Dans l’Air :  » on est sûr, sûr, sûr que la cigarette électronique est infiniment moins dangereuse que le tabac ».

Même son de cloche dans cette recherche plus vaste menée par des scientifiques américains et britanniques portant sur 181 personnes qui conclut que l’utilisation de la cigarette électronique seule ou conjointement avec des substituts nicotiniques (sans fumer !) conduit à une diminution substantielle des niveaux mesurés d’éléments cancérigènes ou toxiques par rapport à un fumeur classique.

Vérité #10 Vaper n’accroît pas le risque de cancer

Vaping doesn't cause cancer Zed

Le Dr William E Stephens de l’université de Saint Andrews a mesuré les potentiels cancérigènes de la vape, du tabac à chauffer et de la cigarette à travers des études chimiques déjà publiés sur les émissions de ces 3 produits. Il a ensuite recompilé l’ensemble des résultats sous forme d’unités communes pour pouvoir comparer les résultats entre eux.

Autant couper court au suspens, les résultats sont édifiants, la vape constitue moins de 1% du pouvoir cancérigène du tabac !

Je vous invite à lire aussi l’analyse sur cette étude du Dr Michael Siegel.

Cette dernière étude du Dr William E Stephens est un peu la conclusion de tout cet article. En effet, elle ne laisse plus aucun doute à tous les mouvements de contrôle tabagique dans le monde à propos du bien fondé de la vape comme outil majeur, privilégié et surtout, bien plus important que tout le reste, plébiscité par les fumeurs eux-mêmes, de la réduction des risques tabagiques.

 

 

Sources : 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, 11, 12, 13, 14, 15, 16, 17, 18, 19, 20, 21, 22, 23

 

 

 

 
Zed Le buraliste

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